Art dans l’architecture

Trois fois restera, 2018

Politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement
Centre communautaire de Saint-Damase

Trois fois restera, 2018

Impression céramique sur verre, 2743 x 1016mm

« Même pour le simple envol d’un papillon tout le ciel est nécessaire. »  Paul Claudel

Cette œuvre présente trois aspects de la vie de la communauté de Saint-Damase : l’acériculture, la forêt et l’agriculture. Un élément visuel est commun à ces trois thèmes : un cadre de fenêtre blanc en forme de cercle. Cette fenêtre est la réplique du motif des œils-de-bœuf de l’église de la municipalité. Ce point central constitue la base du concept de l’œuvre. Il fait référence à un élément culturel majeur du village : l’église. Il est aussi, de par sa nature, un symbole fort, car il s’agit d’une ouverture, d’une fenêtre, donc d’un regard vers… et dans ce cas-ci, d’un regard vers l’histoire et l’avenir. J’ai donc enchâssé dans ce motif architectural, une photographie historique portant sur chacun des trois aspects. Ce regard vers le passé n’est pas une fin en soi. Au contraire, en prolongeant les lignes de l’œil-de-bœuf, on crée des rayons qui en s’étirant deviennent les nervures principales de chacune des feuilles qui composent la corole de ces fleurs inventées, théâtre de votre histoire.

Créé par photomontage numérique, j’ai marié des paysages actuels de Saint-Damase, des photos d’archives et des feuilles numérisées. Sur une portion des feuilles, j’ai amalgamé des textures aux formes et aux couleurs singulières. Je les nomme : les microstructures numériques de l’image. Mis en lien avec le réalisme des plantes naturelles ces nouvelles textures actualisent les représentations des végétaux et ouvrent une porte sur les technologies numériques et par le fait même, sur l’avenir.

Détail des trois fleurs thèmes :

L’acéricole : Au centre, la photographie d’archive nous montre une scène festive où des adultes et des enfants endimanchés boivent à même les chaudières d’eau sucrée. La cabane à sucre conserve encore aujourd’hui cette tradition récréative qui rappelle le travail, mais surtout le plaisir et la joie de vivre. L’érablière nous est ici présentée sous des aspects peu habituels. Au printemps elle nous inonde de verdure et de plantes comme la Clintonie boréale. Dans la partie du haut, un ciel rosé en effet miroir ajoute une part de poésie. Tout autour, les feuilles de l’érable et les disamares composent la corole qui évoque la fleur.

Le forestier : Au centre, un homme tient les rênes d’un cheval qui tire une énorme charge de bois. Scène typique et mémorable du travail dans les chantiers. Au deuxième plan on aperçoit la présence d’un point d’eau. Présente de façon importante dans la région l’eau fait ici référence, tant au transport du bois, qu’aux activités récréatives comme la baignade, la pêche, ou simplement la villégiature. Tout autour de l’œil-de-bœuf, une tranche d’arbre dévoile ses anneaux de croissance; évoquant le temps qui passe et les générations qui grandissent. Appuyée sur le bois, une ronde de mains d’enfants de Saint-Damasse devient le symbole de l’avenir de la communauté.

Comme feuillage, le peuplier faux-tremble – qu’on utilise en transformation – vient évoquer la musique qu’il produit sous l’effet du vent et les microstructures numériques font ressortir le motif du cœur des nervures.

L’agricole : Au centre, une photographie exceptionnelle! Un couple laboure la terre. L’union fait la force et le pays s’est construit grâce à cette alliance entre les femmes et les hommes. Ce thème de la terre est aussi celui du quotidien, de l’angélus évoqué par le clocher, de la récolte de l’avoine, de la légèreté de la fougère et des marguerites qui nous rappellent le pique-nique et la chasse aux papillons. J’évoque aussi les travaux artisanaux en représentant le tissage en forme de fougère;
celles-ci côtoient les fougères communes ornées ou pas, des microstructures numériques. L’ensemble représente la fleur étoilée.

Le ciel et un papillon Amiral blanc, (en voie de devenir l’insecte-emblème officiel du Québec), viennent lier les trois thèmes. Cet insecte prend son envol au-dessus du champ d’avoine et voltige d’une fleur à l’autre se dirigeant, comme le public, vers la grande salle du centre communautaire.

Fernande Forest, 2018

Je tiens à remercier les enfants de 4e, 5e et 6e année de l’école de Saint-Damase des groupes de Martine Lavoie et Mélanie Gagnon d’avoir participé à la séance de photographie de leurs mains.

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