Art dans l’architecture

Fleurir le paysage, 2018

Politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement
Centre d’hébergement et de soins de longue durée Les Murailles de Rivière-du-Loup, CHSLD

Fleurir le paysage, 2018

Impression céramique sur verre

Fleurir le paysage, propose une plongée dans le monde végétal, où les motifs floraux s’intègrent aux paysages extérieur et intérieur et où ils deviennent eux-mêmes des paysages.

Le sens

La fleur symbolise ici le cycle de vie à l’étape de l’épanouissement, de son apothéose. La floraison c’est le point culminant d’une plante, mais non sa finalité, car après cette étape il y a celle du fruit et ensuite, vient la graine qui permet de recommencer ce cycle. Avec les fleurs, il n’y a jamais de complète finitude, il y a toujours l’espoir du renouveau, de la prochaine saison.

Les fleurs sont aussi reliées aux souvenirs d’évènements significatifs : naissances, mariages, anniversaires, moments précieux, amoureux, familiaux, etc. Les fleurs font partie de nos vies, du simple pissenlit, annonçant le printemps à la classique rose, ou encore au majestueux glaïeul; chaque personne a ses préférées, chaque personne y est sensible. Elle rejoint tout le monde, elle est universelle.

Le moyen, la description

C’est par l’utilisation de motifs floraux classique du 18e siècle que j’aborde ce projet. Ces motifs connus, qu’on retrouve sur des imprimés, des vêtements ou encore des tapisseries, ne sont pas sans rappeler nos mères et nos grands-mères. Ils sont d’une autre époque, mais jamais démodés.

Habituellement en aplat uni, les motifs sont ici actualisés, modernisés, en y introduisant à l’intérieur mes propres photographies de végétaux et de paysages contemporains.

L’œuvre du mur rideau est composée de 4 motifs distincts. Les deux principaux, libres de leur mouvement, se situent en bas et en haut. Au centre, sur le mur tympan, en plus de la continuité des deux premiers ont aperçoit deux autres motifs distinctifs, encadrés dans les carreaux.

De l’intérieur, quand on est près de l’image, on découvre dans le motif une autre image : d’autres fleurs, d’autres végétaux. Un autre paysage s’offre à nous. Ces fleurs, animées par la lumière changeante du dehors, viennent fleurir le paysage autant extérieur qu’intérieur

Au rez-de-chaussée, le motif somptueux de pivoines devient, vu de l’intérieur : un gros plan sur des glaïeuls, fleur qui fait partie du patrimoine floral des québécois. Dans la partie de la tige, j’ai introduis un paysage de fougères et de berces laineuses. Pour compléter l’ensemble, à l’extrême droite, en bas, ce motif touffu cache une variété de mousse verte.

À l’étage, dans la « salle famille », ce motif tout en délicatesse nous dévoile dans sa partie florale : un massif de rudbeckies jaunes. Dans la tige et les feuilles : un champ de pissenlits, marguerites et herbes folles. Finalement, dans le vide de l’intérieur de la tige,  j’ai inscrit de la poésie sur le thème de fleurir le paysage :

Fleurir le paysage,  réchauffer les nuages, illuminer la pluie, animer la neige, épouser le soleil.

Fleurir le silence, rêver la rosée, le lit d’herbes folles, ton cœur près du mien, tendrement déposé.

Fleurir la nuit, éclairer le noir, parfumer l’espace, tenir ta main jusqu’au matin rosé.

Fleurir l’amour, l’envelopper de chaleur, le combler de tendresse, l’honorer de vérité.

Fleurir la mémoire, tous ces bouquets, premiers pissenlits, blanches marguerites,

colliers de fleurs, sourires d’enfants, et tout ce temps…

Les salons familles, deux interventions :

– Les cloisons vitrées

Un air de tapisserie flottante. C’est un rappel du mur rideau. Les motifs principaux sont reproduits et imprimés en ligne, en aplat blanc sur un fond de verre différentes couleurs transparentes. Les couleurs varient d’un étage à l’autre, plus estivales et printanières au rez-de-chaussée et plus automnales à l’étage elles sont à la fois vives et tendres. 

– Les tableaux

Dans chacun des salons, reprenant les teintes de la cloison vitrée, deux tableaux photographiques en verre complète mon œuvre par une version plus lyrique, et peut-être même plus spirituelle du thème Fleurir le paysage.

Ces deux œuvres, nous dévoile en premier plan, dans des cercle qui surplombent le paysage louperivois, les magnifiques glaïeuls aperçu sur la murale extérieur, mais aussi toute la beauté fragile des graines, et akènes des végétaux. Comme deux faces d’une même chose ces œuvres font référence à : L’intérieur / L’extérieur – L’épanouissement / La transformation – La fleur / La graine – Le Sud / Le Nord – La vue sur la ville / La vue sur la côte Nord. C’est un dialogue entre le grand paysage qui entoure Rivière-du-Loup, l’immensité dans laquelle vivent les gens et toute cette intimité que l’on retrouve dans chaque foyer. C’est comme regarder son monde au travers d’une lunette, une allégorie à la vie des gens d’ici.

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